La santé, science de l’information ?

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L’an dernier, lors d’une conférence sur la santé, un chercheur affirmait sereinement que la santé serait l’un des premiers secteurs économiques, le plus investi et le plus rentable.

Récemment, Google a annoncé son intention de se lancer là où on ne l’attendait pas : le secteur de la santé, ou plutôt de la lutte pour l’immortalité (on est californien ou ne l’est pas)  avec le projet « Calico »

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Larry Page se permet, non sans raison, de faire la leçon aux grands patrons : « Pour moi, ça n’est pas satisfaisant quand je vois des entreprises qui deviennent très grandes, et qui continuent à ne faire qu’une seule chose. Idéalement, lorsqu’on commence à avoir plus d’employés et de ressources, on peut faire plus de choses, résoudre plus de problèmes. On a toujours été dans ce genre de philosophie. »

Mais surtout, le Time remarque : « la médecine est sur le point de devenir une science de l’information : les médecins et les chercheurs sont désormais capables de récolter et d’analyser de gigantesques quantités de données auprès de leurs patients. Et Google est très, très bon avec les grandes bases de données »

Une science de l’information ? il n’est pas certain que nos prestigieuses facs de médecine l’envisagent ainsi. et à tort. La convergence des informations est capitale pour la santé : celle des médecins bien sûr, si tant est que le dossier des patients soit continûment renseigné, mais aussi l’information des autres accompagnants qui gravitent autour du patient, médecins spécialistes, psychologues, travailleurs sociaux pour les plus précaires; celle de l’entourage familial, amoureux ou amical et bien sûr celle des patients eux-mêmes, qu’on commence seulement à considérer comme des acteurs à part entière.

C’est un enjeu de participation globale et la réponse n’est pas seulement technique, mais culturelle. Bien des frontières doivent être franchies.

Pour avoir travaillé dans le milieu sanitaire et médico-social, je pense que la médecine deviendra une science de l’information à condition de savoir la faire s’exprimer et circuler. Il faut développer les pratiques d’échanges entre tous les acteurs et les considérer comme tels. Les médecins n’en perdront pas leur pouvoir, bien au contraire. C’est sans doute dès la formation qu’il faut agir.

Didier Giroud

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